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Le Narthex

On remarque les structures de l'ancien prieuré, achevé après 945 mais avant 962, plus bas que l'actuel édifice, ainsi que quelques fragments de peintures du 12ème siècle. Derrière une grille en fer forgé, les fonts baptismaux sont une sculpture en marbre blanc pour le pied et la cuvette, en bronze pour le couvercle. Le pied présente sur ses trois pans un décor en bas-relief dans la masse représentant des anges. L'œuvre, commandée en 1955 aux artistes Jan et Joël Martel est achevée en 1957.  Hauteur : 1m61 – Diamètre : 92 cm

Le prophète Isaïe

Une des plus anciennes représentations sculptées du prophète attribuée à des maitres sculpteurs venus du Languedoc. Cette sculpture est le chef d'œuvre de Souillac.  Le grand prophète aux membres intentionnellement allongés et recouverts d'une légère tunique tient en main un phylactère dont la ligne élégante est en parfaite harmonie avec la stylisation de la barbe, des cheveux et des plis des vêtements. La souplesse de cette attitude rappelle celle d'un danseur oriental. La prophétie

Le Trumeau

Dans le pilier nord, le trumeau de l'ancienne porte est enchâssé. Incomparable chef d'œuvre de sculpture, il est sujet à de multiples interprétations. Sur le côté droit du trumeau (face nord), 3 groupes de personnages évoquent les péchés capitaux, le péché dans ses origines : l'orgueil, le péché des sens, la concupiscence exerçant son emprise sur l'homme aux différents âges de la vie, le vice la transformant en chaîne, au seuil de la vieillesse. Le tableau de face représente le péché dans ses origines et ses conséquences avec une dégringolade d'êtres intercalés : lions gorilles, oiseaux quadrupèdes, félins, gazelle, chien mutilé, colombe et enfin un homme, sorte de prométhée pantelant entre le fauve qui lui broie le crâne et le monstre au bec de vautour qui lui dévore le foie. Le tableau de gauche donne l'annonce de la réparation du péché par le sacrifice rédempteur : le sacrifice d'Abraham, l'exécuteur de la volonté divine s'apprête à sacrifier son fils lorsqu'un ange, figure criante de l'ordre divin, lui retient la main.

L’orgue Stolz

Conçu par Jean-Baptiste Stoltz, daté à l'intérieur même du buffet du 1er juillet 1850, il est classé le 12 mai 1978 au titre des monuments historiques. Il est représentatif de la facture d'orgue répondant aux usages de la vie paroissiale de la Restauration et de la seconde république, avec les contraintes d'un budget modeste. Il a été restauré en 1988 par le facteur d'orgues Daniel Birouste, de Plaisance dans le Gers, puis a profité d'un relevage à l'automne 2017 grâce à l'action commune des Amis de l'orgue Stoltz de l'abbatiale de Souillac, des Amis d'Alain Chastagnol et de la municipalité.

Les cloches

En octobre 1951, le 7, on a baptisé les 3 cloches, arrivées la veille qui devaient être installées en haut de la tour porche, muette depuis 1792, en présence de Gaston de Monnerville, alors Président du conseil de la République. Marie, la plus lourde avec ses 1.700 kg sonne le « La » avec une inscription : « Je sonne la paix ». Martine d'un poids de 800 kg sonne le « Fa » dièse. Inscription « Je sonne l'union des foyers chrétiens » Thérèse d'un poids de 500 kg sonne le La ». Inscription : Je sonne la naissance des âmes à la vie spirituelle ».

Le portail de Souillac

C'est un des plus purs chefs-d'œuvre de l'École Toulousaine et, primitivement, il pouvait soutenir facilement la comparaison avec ceux de Moissac, Cahors et Beaulieu.  Les sculptures ont été déplacées de ce qui restait de l'ancien portail extérieur et du narthex à l'intérieur lors des restaurations du XVIIème siècle. Ce merveilleux ensemble décoratif comprend cinq parties : La légende du moine Théophile, un pilier sculpté, un second pilier à peine amorcé et enfin deux figures en relief de part et d'autre de la porte centrale. André Malraux y fait référence dans ses mémoires.

Saint Joseph

La sculpture à gauche du portail représente Saint Joseph, il est fiancé de Marie depuis quelques temps lorsqu'elle se retrouve enceinte par l'action de l'Esprit Sain, il l'épouse alors et acceptant l'enfant, devient le père nourricier de Jésus. Cette sculpture est en grande partie mutilée, témoin de la fureur des iconoclastes. Au-dessus de Saint Joseph, la décoration d'un pilier à peine commencée.

Le retable

Ce curieux polyptique du 16ème siècle orné des mystères du Rosaires, a été installé dans l'abbatiale lors d'une période de restauration. Il provient d'une petite église qui était située au port de Souillac, détruite lors de la construction du pont Vicat entre 1812 et 1823.

Le portail mauriste

Reconstruit au 17ème siècle (1632) sous l'autorité de l'Abbé Henry de la Mothe-Houdancourt, grand aumônier de la reine d'Autriche, les travaux de restauration de l'édifice furent longs, ils s'achevèrent en 1712. On reconnait sur le portail les armoiries de la congrégation bénédictine de Saint-Maur. Il a fait l'objet d'une restauration complète en 2022 en même temps que le toit terrasse qui le surplombe, par la municipalité avec le soutien de l'association des Amis d'Alain Chastagnol pour la restauration de l'Abbatiale, de la fondation du patrimoine et de la mission Bern.

« Le christ au jardin des oliviers »

Ce tableau de grande dimension (5m88 x 3m78 avec le cadre) est une œuvre de Théodore Chassériau (1819-1856), élève d'Ingres, daté de 1844 et présenté au salon de Paris la même année. Le peintre en fait don au Baron Auguste Dufour, député du Lot de la 3ème République, et ancien maire de la commune de Lanzac.  Celui-ci en fait don à l'église. Propriété de l'état, le tableau est en dépôt à Souillac depuis le 18/12/1848, et est inscrit au titre d'objet depuis le 20 mai 1910. Il a été exposé au salon de 1870.

La nef

Ce qui frappe le visiteur, c'est la sévérité de cette nef, la nudité des surfaces et, par contre-coup, l'élancement des piliers, la pureté des lignes et l'allègement de la construction. La nef, unique, comprend deux travées, séparées et limitées par de gros piliers carrés. Sur les murs latéraux et dans chaque travée sont appliquées deux autres piliers carrés plus petits qui soutiennent trois arcs en cintre brisé. Ces arcs supportent la galerie de circulation qui court à 9 m de hauteur, le long des murs de la nef et du transept. Au-dessus de cette galerie, des fenêtres en plein cintre, ornées de fines colonnettes et ébrasées en biseau afin de mieux laisser pénétrer la lumière. Les gros piliers supportent les grands arcs appliqués au sommet des murs latéraux et les grands arcs doubleaux jetés sur la nef. Dans les angles des grands arcs, sont bâtis les pendentifs ou triangles sphériques qui, eux-mêmes supportent les coupoles et permettent de passer du plan carré au plan circulaire.  Chaque coupole mesure 11m d'ouverture et monte jusqu'à 24m de hauteur au-dessus du sol actuel, exhaussé lui-même de 80 cm par rapport au sol primitif. A la base des coupoles de la nef se trouve une galerie circulaire de 1.5m de largeur à laquelle on accède par deux baies pratiquées à droite et à gauche portée par une couronne de « corbeaux ».

Les Stalles

Le chœur des religieux aux stalles de bois de noyer date du XVIIème siècle. Elles forment un arc de cercle autour de l'autel, délimitant une sorte de déambulatoire surélevé sur lequel ouvrent les chapelles rayonnantes du chevet. Elles ont fait l'objet d'un traitement contre la mérule en 2022.

Les chapiteaux

Les chapiteaux figurés et à sujet végétal sont à la croisée du transept et des chapelles. Ils peuvent présenter certaines difficultés d'interprétation. Parmi les plus simples à expliquer, citons l'annonciation ou le Daniel maîtrisant deux lions. On retrouve sur les autres chapiteaux l'ornementation habituelle de feuilles d'acanthe, de palmettes, d'oiseaux et d'animaux stylisés. Tous ont une portée symbolique et il est probable que leur lecture de gauche à droite constitue une suite logique.

Absides et absidioles – Les petites chapelles

L'abside est voutée en demi-coupole. Elle comprend trois absidioles semblables mais plus étroites, éclairées chacune par une fenêtre romane. Celle du fond est plus importante que les autres.  Toutes ces absidioles forment autour de la croix figurée par le plan de l'église « une espèce d'auréole symbolique ». Elles sont consacrées de gauche à droite à Saint Martin, au Saint Sacrement et à Jean-Gabriel Perboyre. Quatre vitraux non sans valeur éclairent l'abside et représentent les principales scènes de la vie de Saint Martin de Tours. ©DominiqueRobert

La vierge à l’enfant selon Louis Vicat

Louis Vicat, Polytechnicien et Ingénieur des Ponts et Chaussées, inventeur du ciment artificiel à Souillac avait un violon d'Ingres : la peinture. Le tableau « La vierge à l'enfant » est la copie, réalisée par le grand ingénieur en 1835, d'une œuvre exécutée par Raphaël en 1508 : La madone Bridgewater conservée au musée d'Édimbourg. Propriété de l'état, l'œuvre est en dépôt à Souillac depuis 1841.

Éléments du transept droit

Dans cette partie de l'église, on y trouve un meuble de sacristie (vestiaire) remarquable du XVIIème siècle, récemment traité contre la mérule ; un évier du 13ème siècle avec son système d'écoulement. D'anciennes portes inaccessibles aujourd'hui permettaient aux moines de passer directement de l'Abbaye à l'abbatiale La chapelle du transept droit est consacrée à la Sainte Vierge (la chapelle du transept gauche étant consacrée à Saint Joseph)

Le cloître

Le cloitre, modeste pas sa taille, fait partie de l'Abbaye occupée par les moines jusqu'à la révolution puis par la régie des tabacs. Pour les besoins de l'exploitation, des demi-étages ont été construits et les 4 côtés du cloitre entièrement murés. Les colonnes du mur attenant à l'Abbatiale ont été dégagées lors d'une campagne de restauration. Après l'arrêt de la manufacture des tabacs, le lieu a accueilli le festival de l'heure d'orgue, l'été, le festival de jazz et plusieurs concerts y ont été organisés. Il est le seul passage permettant de rejoindre la sacristie aménagée dans les années 60 après l'évacuation de la tour porche en 1937.

La tour Porche

C'est la partie la plus ancienne de l'ensemble Abbaye Abbatiale. Elle remonte probablement au début du IX° ou X° siècle, sa vocation était défensive (tour de guet). La façade ouest de la tour a été modifiée à plusieurs reprises. Un petit sanctuaire était accolé à la tour, daté probablement de 932 ou 935. Autrefois clocher, la tour a été, par précaution, amputée de sa partie supérieure en 1830. Large de 9 m et haute de 25m.

Les coupoles

L'Abbaye de Souillac est avec la cathédrale de Cahors la seule église romane à file de coupoles conservées du Haut-Quercy. Un temps recouverte par une toiture dénaturant l'esprit romano-byzantin, elles ont été restaurées avec la pierre lauze en 1835. Les coupoles qui couvrent chacune des deux travées de la nef sont bâties sur un plan circulaire et comportent un oculus sommital (ou lanterneau) tandis que celle de la croisée se développe à partir d'un plan légèrement barlong et possède également oculus de dimensions restreintes. Les trois amples coupoles en file de l'église sont supportées par de puissants arcs-doubleaux et formerets construits en arc brisé. Le passage du plan carré au plan circulaire s'effectue au moyen de pendentifs. La coupole du transept, avec sa forme ovoïde, est plus grande que celles de la nef (7m50 au lieu de 6m50. ©DominiqueRobert ©fondationdupatrimoine

Vue sur Souillac et les alentours

Du toit de l'abbatiale, on peut contempler les alentours de cette petite ville charmante qui recèle d'innombrables histoires. Installée dans la vallée de la Dordogne, cette cité millénaire, au caractère paisible, semble protégée par les petites montagnes qui l'entourent, loin des secousses qui perturbent le monde. En apparence…

La crypte

Elle a été découverte lors des travaux de restauration de 1952. Probablement murée pendant la révolution de 1789.  À l'intérieur, ont été retrouvés des pierres de chancel, des sarcophages monolithes et des tombes constituées d'un assemblage de dalles verticales. ©DominiqueRobert

Le miracle de Théophile

Cette représentation de l'histoire du moine Théophile (338 après JC) est aussi l'une des plus anciennes connues de la période romane. L'histoire se passe à Adana en Silicie. Démis de sa charge et privé de ses biens par un évêque, le moine Théophile signe un pacte avec le diable et est rétabli dans ses fonctions. Pris de remords, il prie la vierge Marie qui arrache le pacte des mains du diable et le remet au diacre, mort peu après en odeur de sainteté. Encadrant la légende trônent en majesté, Saint Benoit avec la crosse et le livre de sa Règle (à gauche) et Saint Pierre avec les clés (à droite). Ce récit était très en vogue au 13ème siècle, popularisé par le récit narratif du clerc Gautier de Coincy (les mystères de notre dame), repris par Rutebeuf au13ème siècle (Le miracle de Théophile). Le récit original est attribué au grec Eutychianus, disciple du diacre.

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